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Conservatoire de musique et d'art dramatique du Québec

Louise Bessette

Piano

Louise Bessette reçoit le Prix du Gouverneur Général pour les arts du spectacle 2019
https://www.onf.ca/film/piano-de-louise/
https://www.youtube.com/watch?v=yot0rtlvaDA
https://ici.radio-canada.ca/tele/le-telejournal-avec-celine-galipeau/site/segments/reportage/116072/pianiste-gouverneure-canada-quebec-musique-arts
https://ggpaa.ca/award-recipients/2019/bessette,-louise.aspx

Photo : Greg Kolz

Depuis trente-cinq années de carrière exceptionnelle, Louise Bessette s’est distinguée par l’excellence de ses performances sur scène et par son engagement dans le rayonnement de la musique de notre temps. La critique s’est toujours montrée dithyrambique à son égard. Elle a enregistré des répertoires variés, autant comme soliste qu’en musique de chambre. Elle s’est produite sur la scène internationale avec des orchestres réputés et elle a été invitée à des festivals prestigieux. Plusieurs compositeurs écrivent spécialement pour elle. Mais en plus d’être une interprète hors pair, Madame Bessette est aussi une figure marquante du monde musical, faisant la promotion de la musique contemporaine chaque fois qu’elle le peut, créant des opportunités de spectacles qui profitent tant aux compositeurs qu’aux interprètes actuels, coordonnant des activités et des collaborations qui ne peuvent qu’enrichir notre panorama culturel.

En 2008, Louise Bessette a consacré son année au centenaire de la naissance d’Olivier Messiaen. Ses efforts et son enthousiasme ont permis d’organiser l’événement « Automne Messiaen », une célébration montréalaise à laquelle plus d’une cinquantaine d’interprètes, ensembles et organismes ont participé. L’Orchestre symphonique de Montréal et son directeur musical Maestro Kent Nagano ont donné une version magistrale de l’opéra Saint-François d’Assise, qui reçut le Grand Prix 2008 du Conseil des Arts de Montréal. Madame Bessette a brillé comme soliste des œuvres de Messiaen lors de concerts d’envergure qui réunissaient des artistes chevronnés. Mentionnons l’Ensemble de la SMCQ dirigé par Walter Boudreau, l’Orchestre du Conservatoire de musique de Montréal dirigé par Raffi Armenian et Louis Lavigueur, l’Ensemble Musique Avenir dirigé par Véronique Lacroix, ainsi qu’une soirée musique et poésie avec le poète et narrateur Pierre Morency. Elle lança l’idée d’un hommage à Olivier Messiaen, sous forme d’une œuvre écrite pour la même formation que le Quatuor pour la fin du temps. Le compositeur canadien Nicolas Gilbert écrit Le temps des impossibles pour ARTefact, grâce à une subvention du Conseil des Arts du Canada. Quant au 10 décembre 2008, jour même du centenaire de la naissance de Messiaen, Louise Bessette donnait à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal, l’intégrale des Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus. Ce concert fut chaudement salué par le critique Christophe Huss, le classant parmi les dix meilleurs concerts classiques de 2008 : « Ce qui aurait pu être une célébration est devenu un cérémonial…sens de l’architecture…maîtrise du temps…primauté de la forme et du contenu…Le Messiaen de Louise Bessette est aussi fort que celui de Kent Nagano… » (Le Devoir, 11 décembre 2008).

Louise Bessette célébra officiellement ses 30 ans de carrière le 31 mars 2012 à la Chapelle historique du Bon-Pasteur à Montréal. Cet immense événement qui s’insérait dans la série 2011-2012 de la SMCQ consistait en un triple récital de la pianiste. Un concert solo et musique de chambre comprenant quatre créations mondiales des compositeurs canadiens Serge Arcuri, Michel Boivin, Michael Oesterle et Ana Sokolovic ; un récital solo où nous entendîmes la pianiste dans deux œuvres phares du 20e siècle, la Suite no. 9 « Ttai » de Giacinto Scelsi et Les planètes, œuvre monumentale du compositeur canadien Walter Boudreau ; pour clore la soirée, le pianiste britannique Peter Hill se joignit à Louise Bessette dans un programme époustouflant : Le sacre du printemps de Stravinsky (en célébration du centenaire de l’œuvre) et les Visions de l’Amen d’Olivier Messiaen.

Pendant la saison 2013-2014, Louise Bessette se démarque une fois de plus dans un projet plus qu’audacieux. Pour célébrer la 25e saison musicale de la Chapelle historique du Bon-Pasteur, elle offre à son public une série de quatre récitals pour piano : 25 ans de musique québécoise avec Louise Bessette, afin de créer un impressionnant panorama qui nous a fait revivre les années 1988 à 2014. Nous n’avons qu’à lire les titres des comptes-rendus de Normand Babin sur son site Montrealistement, pour reconnaître et saluer ce projet colossal qui mettait en vedette vingt-cinq compositeurs québécois : La femme forte ; Louise Bessette, la voix des compositeurs québécois ; 25 œuvres, 25 compositeurs, 25 ans…UNE seule pianiste. Ce fut un événement grandiose qui marque un jalon dans l’histoire de la littérature musicale québécoise.

Pianiste au répertoire éclectique, toujours soucieuse de diffuser la musique et d’échanger avec les différentes formes d’art, Louise Bessette a enregistré en 2009 des œuvres de Charles-Valentin Alkan et de Grieg pour le cinéma. « Mères et filles », film de la réalisatrice française Julie Lopes-Curval mettant en vedette Catherine Deneuve et Marie-Josée Croze fut présenté en première mondiale au Festival des Films du Monde à Montréal (2009), puis dans les salles du monde entier.

Madame Bessette se produit régulièrement en Amérique, en Europe, et en Asie. Elle a joué comme soliste sous la direction de chefs prestigieux comme Raffi Armenian (Orchestre symphonique de Kitchener-Waterloo, Ontario), Linda Bouchard (Orchestre du Centre national des arts, Ottawa), Walter Boudreau (Ensemble de la SMCQ, Montréal), Charles Bruck (Orchestre symphonique de Québec), Edward Cumming (Hartford Symphony Orchestra), Marc David (Orchestre symphonique de Longueuil, St. John’s Symphony Orchestra), Agnieszka Duczmal (Orchestre de chambre Amadeus, Poznan, Pologne), Charles Dutoit (Orchestre symphonique de Montréal), Mauricio Kagel (Orchestre philharmonique de Radio-France), Bill Linwood (Aventa Ensemble, Victoria), Diego Masson (Orchestre philharmonique de Radio-France), Tania Miller (Victoria Symphony Orchestra), Daniel Myssyk (Orchestre de chambre Appassionata), Kent Nagano (Orchestre symphonique de Montréal), Alex Pauk (Esprit Orchestra, Toronto), Pascal Rophé (Orchestre national de Montpellier, France), Gerard Schwarz (New York Chamber Symphony), Michel Swierczewski (Orchestre symphonique de Aarhus, Danemark), Alain Trudel (London Orchestra), Yuli Turovsky (I Musici de Montréal), Lorraine Vaillancourt (Nouvel Ensemble Moderne, Montréal), Pascal Verrot (Orchestre national de Lyon), et ce, de New York à Varsovie, en passant par Montréal, Ottawa, Victoria, Lyon, Strasbourg, Montpellier, Huddersfield, Aarhus, Mexico, etc.

Le vaste répertoire de Louise Bessette lui a valu de nombreuses invitations aux grands rendez-vous de la musique, où elle a donné des récitals remarqués. Parmi les plus prestigieux de ces événements, mentionnons le Festival de Musique Française de Laon, le Festival Présences de Radio-France, le Festival Musica de Strasbourg, le Festival 38e Rugissants de Grenoble, le Festival Tivoli à Copenhague, le Numus Festival à Aarhus, le Huddersfield (G.-B.) Contemporary Music Festival, le Festival Nieuwe Muziek à Middelburg (Pays-Bas), le Festival International de Lanaudière (Québec) et le Festival International du Domaine Forget (Québec). Elle s’est également produite lors des Journées Mondiales de la Musique, à Varsovie en 1992 et à Mexico en 1993. En 2007, elle fut professeure et artiste invitée au 4e Festival International de Piano de Shanghai.

Louise Bessette a aussi à son actif une vingtaine d’enregistrements. Mentionnons son tout récent CD : François Dompierre, Concertango grosso, chez les Disques ATMA Classique, ses deux disques Messiaen : Les oiseaux sur étiquette Analekta, qui a reçu une critique élogieuse dans le magazine Gramophone en décembre 2009, et sa performance universellement saluée des Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus chez les Disques ATMA Classique. De plus, la musique de chambre lui a fourni l’occasion de se joindre à de grands interprètes comme Simon Aldrich, Robert Cram, Jonathan Crow, Lise Daoust, Angèle Dubeau, Yegor Dyachkov, Mark Fewer, Marc-André Hamelin, Brian Manker, Douglas McNabney, Andrew Wan, le Quatuor Alcan, le Quatuor Molinari, et le Quatuor Arditti de Londres. Au Canada, elle a enregistré chez Analekta, ATMA Classique, SNE, Les Disques SRC, Centredisques, Doberman-Yppan, Riche Lieu, et Fonovox ; en France chez les Disques Montaigne et Salabert/Actuels ; aux Etats-Unis chez Mode Records.

Des compositeurs du monde entier lui envoient des œuvres, et plusieurs ont écrit spécialement pour elle : entre autres, les canadiens Serge Arcuri, Simon Bertrand, Lorraine Desmarais, François Dompierre, José Évangelista, Nicolas Gilbert, Michel Gonneville, Marc Hyland, Alain Lalonde, Maxime McKinley, Silvio Palmieri, Isabelle Panneton, Sean Pepperall, Serge Provost, Anthony Rozankovic, Petros Shoujounian, Raoul Sosa, André Villeneuve, et les français Claude Ballif, Bruno Ducol, Jacques Lejeune et Costin Miereanu. Gilbert Amy lui dédie son œuvre Obliques III. Louise Bessette a donné à ce jour 54 créations mondiales.

De la part des critiques, Louise Bessette a reçu des éloges dithyrambiques. « Messiaen a trouvé en Louise Bessette, sans doute pour longtemps, son interprète moderne la plus inspirée » (Yves Allaz, Journal de Genève). « Son programme était frappant [...]. La vue de l’élégante et captivante madame Bessette fonçant joyeusement dans Exultation et Tiger d’Henry Cowell n’était rien de moins qu’alléchante, et elle répondit à l’étincelante splendeur des Vingts Regards sur l’Enfant-Jésus d’Olivier Messiaen par un jeu d’une authentique grandeur... Tout cela fut rendu sans erreur, de mémoire, et avec une étonnante réserve de virtuosité contrôlée et détendue » (Malcom Hayes, Musical Times de Londres).

Louise Bessette a également participé aux jurys de concours internationaux et a donné des classes de maître tant en Europe qu’au Canada et en Asie. Depuis 1996, elle est titulaire d’une classe de piano au Conservatoire de Musique de Montréal où elle a été chef de la section des claviers de 2005 à 2007.

Originaire de Montréal, Louise Bessette commença l’étude du piano à l’âge de cinq ans. Admise au Conservatoire de Musique de Montréal en 1971, elle travailla sous la direction de Georges Savaria puis de Raoul Sosa. Ses études furent couronnées de cinq Premiers Prix, dont le Premier Prix de musique de chambre en 1979, et celui de piano en 1980.

Par la suite, elle se perfectionna à New York auprès de Eugene List, puis elle se rendit à Paris en 1982, où elle a eu pour maîtres Yvonne Loriod-Messiaen, Claude Helffer, Jay Gottlieb et Dominique Merlet.

Le cheminement artistique de Louise Bessette est semé de prix et de distinctions : Premier Prix du Concours national de musique Eckhardt-Gramatté (1981), Premier Prix du Concours International de Musique Contemporaine de Saint-Germain-en-Laye (1986), Premier Prix et Prix Spécial de piano au Concours International Gaudeamus à Rotterdam (1989), Prix Flandre-Québec (1991). Le Conseil Québécois de la Musique lui décerne le Prix Opus « chef ou soliste de l’année » (1997) pour son récital consacré aux Vingt Regards sur l’Enfant-Jésus d’Olivier Messiaen. En janvier 2010, elle reçoit les Prix Opus « Interprète de l’année », ainsi que « Événement musical de l’année » pour l’Automne Messiaen 2008, et en janvier 2012, le Prix Opus « Disque de l’année – Musiques moderne, contemporaine » pour l’enregistrement Serge Arcuri – Migrations (ATMA Classique). En janvier 2013, Louise Bessette reçoit deux autres Prix Opus, dans les catégories « Concert de l’année – Montréal » et « Concert de l’année – Musiques moderne, contemporaine », les deux pour son concert extraordinaire du 31 mars 2012 soulignant ses 30 ans de carrière. En janvier 2015, Louise Bessette est nommée l’une des 25 meilleures pianistes canadiennes par CBC Music. Lors de la cérémonie des Prix Opus du 1er février 2015, elle reçoit à nouveau le Prix Opus « Interprète de l’année » pour la série 25 ans de musique québécoise avec Louise Bessette. En 2016, le Quatuor Molinari et Louise Bessette reçoivent le Prix Opus « Disque de l’année – Musiques moderne, contemporaine » pour l’enregistrement Sofia Gubaidulina –Musique de chambre (ATMA Classique). Et en février 2018, Louise Bessette reçoit le Prix Opus « Concert de l’année – Répertoires Multiples » pour son récital donné en février 2017 à la Maison de la Culture Francis-Brisson de Shawinigan où elle présentait un programme incluant des œuvres de Brahms, Dompierre, Grieg, Lecuona et Piazzolla. Madame Bessette a été nommée Personnalité de la Semaine par le quotidien La Presse (Montréal, 1986), alors qu’en 1989, elle a été déclarée Femme de l’Année, catégorie Arts, au Salon de la Femme de Montréal. En octobre 2001, elle a été nommée Membre de l’Ordre du Canada, en juin 2005, Officier de l’Ordre national du Québec et en novembre 2009, Ambassadrice du Centre de Musique Canadienne.

Janvier 2020




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    Dernière modification 21 décembre 2018 - 2018-12-21
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